La PHILOSOPHIE
Nullepart et partout dans l'Immense Océan des Savoirs


0.La Philosophie engage l’Homme en tant qu’Homme
1.La Philosophie dans la Société et l’Economie de la Connaissance
2.La Philosophie proprement dite
2.1 Le programme de terminale
2.2 PREMIERE QUESTION: la Philosophie elle-même, où est-elle, à l’intérieur de ce carré qui comprend toutes les sciences?
2.3 DEUXIEME QUESTION: la Philosophie se prétend-t-elle omnisciente ?
3. Deux interprétations de la Philosophie
4. TROISIEME QUESTION: qu’est-ce qu’on s’attend de vous?



Dans le classeur, ce cours s'accompagne aux T15 T11 T7AB T8, et au Théorème 0, qu'il faut bien maitriser pour expliquer le §2.2: "La philosophie est nullepart et partout dans le Champ Total des Savoirs", et acquérir ainsi la première "évidence de l'Invisible" c'est à dire du "Monde de la Pensée" - Nous verrons bientôt que la provenance de ce type de théorèmes - qui sont l'essence même de ce que depuis ce platonicien qu'était Galilée s'appelle "science expérimentale" - est la méthode éducative mise à point pour la première fois par Platon dans le Livre VII de la République là où il parle de ces vérités mathématiques "révéillantes" qui seules sont capables d'ouvrir les "yeux de l'âme" et de l'attirer vers les évidences invisibles du Monde Intelligible

Théorème 0
Etre nullepart et partout

Corps plein --> creux --> vivant


[p0] Thèse Il existe un "x" qui est nullepart et partout dans une situation donnée

Démonstration


[p1] Soit donné un corps plein (par ex. un couteau) qui en même temps tourne autour de lui même et décrit une courbe de déplacement (comme la Terre autour du Soleil). Nous constatons que la seule partie de ce corps qui décrit cette courbe est son centre de rotation, rigoureusement adimensionnel (= dépourvu de toute extension matérielle) car la totalité de ses parties matérielles douées d'une extension décrivent une élicoïde

[p2] Soit donné un corps creux (par ex.un fer à cheval) qui en même temps tourne autour de lui même et décrit une courbe de déplacement. Nous constatons que la seule partie de ce corps qui décrit cette courbe est son centre de rotation, rigoureusement adimensionnel (= dépourvu de toute extension matérielle) et situé nullepart dans l'étendue matérielle du corps en question

[p3] Soit donné un corps vivant d'un animal (par ex. un dauphin, un aigle, un chat... ou un plongeur, un danseur etc.) qui en même temps tourne autour de lui même et décrit une courbe de déplacement. Nous constatons que la seule partie de ce corps qui décrit cette trajectoire est son centre de rotation, rigoureusement adimensionnel (=dépourvu de toute extension matérielle) et situé nullepart et partout - selon les décisions de l'être vivant qui est en train de bouger - dans l'étendue matérielle du corps en question

[NB!] Remarquons bien que ce même discours peut être fait à propos du corps vivant d'une plante qui passe par la suite non pas - évidemment - de ses déplacements, mais de ses transfomations (graine --> graine en voie de germination --> petite plante, arbuste etc.). Dans ce cas aussi, nous reperons un "centre de circulation" (de la sève) qui se déplace au fur et à mesure que la plante change de forme


[p4=p0] Conclusion DONC le corps vivant d'un animal qui se déplace en tournant sur lui même ou d'une plante qui se transforme en grandissant est bien une situation où il existe un "x" - leur centre de rotation/circulation - qui est situé nullepart et partout à l'intérieur d'une étendue matérielle. CDD

Corps sentant

Cette conclusion une fois aquise et méditée, nous sommes prêts à passer au "corps sentant": qui n'est que ce même corps vivant d'un animal, où toutefois nous allons repérer non pas le centre de rotation, mais bien le centre de "décision" qui en gère les déplacements "partout" à l'intérieur du corps, tout au long de ses mouvements ciblés. Ce que nous constatons est que ce centre de décision doit nécessairement être distinct du centre de rotation qui en est géré

En effet, si le centre de rotation du corps vivant d'un animal est l'objet d'une décision incessamment changeante de la part de ce même animal - par exemple d'un dauphin qui cible ses objectifs spectaculaires - il est bien nécessaire que le centre de décision d'où émanent ses déplacements (les déplacements de son centre de rotation) en soit rigoureusement distinct.

DONC, à l'intérieur de l'organisme d'un animal qui se-déplace-en-tournant et en changeant sans cesse sa configuration dynamique, il existe un "centre de décision" adimensionnel-et-situé-nullepart-et-partout, qui décide au fur et à mesure la forme que son corps doit prendre pour atteindre l'objectif ciblé.

Corps pensant: le MOI en sa Présence

Nous voilà enfin aux corps pensant, à savoir à ce corps vivant doué non seulement à la fois d'un centre de rotation/circulation et d'un centre de décision, mais aussi, et incontournablement d'un "MOI", que nous ne pouvons pas ne pas "voir" comme le centre de sa "présence pensante", à savoir de la personne que ce même corps en lui même est devant nous.

MOI, donc, je suis là, présent devant vous. Je vous parle, et je vous dis: "Voilà, moi, je bouge ma main. Pouvez-vous me l'indiquer? - Certes! La voilà! - Maintenant, MOI je bouge mon pied, mon nez..." etc. A chaque mouvement vous êtes capables d'indiquer ce que MOI je suis en train de bouger.

Mais voici, je vous demande mainteanant de m'indiquer..."MOI-MOI". Pas mon pied, pas ma main, mais MOI, rien que MOI

Là, vous restez un instant perplexes et puis vous m'indiquez vaguement la totalité de mon corps, où MOI je suis situé "nullepart et partout". Ceci est bien correct, même si pas complètement, car lorsqu'il s'agit de ME regarder, vous n'hésitez pas à me fixer "dans les yeux". On dirait donc que "MOI", je suis "dans mes yeux". Et toutefois, même si nous disons que je suis "dans mes yeux", nous devrons tout de même avouer que TOUT ce que nous pourrons matériellement indiquer de "moi" dans ces mêmes yeux matériellement existants (et d'autant plus dans mon pied gauche ou mon coude droit...).. eh bien, cette partie de mon corps ne sera certes pas "MOI"...pourtant si évidemment présent devant vous!

Nous en concluons: MOI, ici présent devant vous - et toujours au "centre" de mes mouvements volontaires et de mes décisions - ... MOI je suis une réalité à la fois évidente et invisible que seulement les yeux de votre esprit - et du mien - peuvent saisir.

Au Coeur de l'Esprit

Or nous disons, certes, "les yeux de l'esprit" - ainsi que le fait Platon, en parlant de l' "oeil de l'âme" qu'il est nécessaire d'ouvrir pour trouver la route de sortie de la Caverne - ... mais il ne faut surtout pas se dérober face à une dernière évidence (la plus importante) à bien établir avant de commencer notre voyage dans la Philosophie.

Cette évidence nous impose de reconnaître qu'au centre de ce même "esprit" qui seul est capable de saisir l'existence d'un "MOI je te parle" devant lui, il y a bien un coeur. Un coeur qui, biensûr, à son tour est "au coeur d'un esprit" - comme le dit Hegel -, mais qui néanmoins ne peut parler que son propre langage et ne peut s'appuyer que sur sa propre certitude (c'est bien de cela que parle Pascal en T99B).

Mais de quoi parlons-nous au juste? Et bien d'une évidence que tout enfant - aussi petit soit-il - n'a aucun mal à comprendre.

Une personne n'est certes pas encore présente lorsqu'elle se borne à être là avec son corps, en tous ses centres adimensionnels de rotation/décision. Et même lorsqu'elle vous assure: "Me voilà!"... cela n'est pas encore suffisant, car même dans ce cas, elle peut bien ne pas y "être". Une personne - un ami, un amant... - n'est "là" que lorsqu'elle y est VRAIMENT, c'est à dire avec son coeur. Rien qu'un changement dans le ton de sa voix - de la voix de notre bien aimé(e) - peut bien signifier qu'elle n'est pas (ou, pire, "plus") avec nous... qu'elle est "ailleurs"... absente dans son régard soudainement devenu creux comme le vide d'un fer à chéval.

"Qu'est-ce qu'il y a?" - "Quoi?" - "Toi... qu'est ce qu'il te prend?" - "Mais rien, de quoi tu parles? Moi je suis là!...Tu me vois bien" - "Mais non... je te connais, tu es ailleurs, tu n'es pas avec moi" - "Mais non..." - "Mais SI!..."

Il est bien évident que nous avons raison: notre ami(e) n'est pas là. Il s'agit toutefois d' une évidence non seulement invisible, mais que seulement notre coeur peut appréhender: au centre de l'Invisible - au centre invisible de notre esprit - ce n'est que mon coeur pulsant qui seul peut décider de l'être ou du non-être des choses qui viennent à ma rencontre, à partir de cette énigmatique chose-qui-pense que j'appelle "moi-même".

Nous dirons dès lors qu'aucune vérité de la raison philosophique ne pourra frapper notre esprit si nous n'avons pas le courage de temoigner des évidences que notre coeur incessamment nous montre depuis que nous sommes venus à la lumière du monde





























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